Nous avons une assurance cyber, n’est-ce pas suffisant ?

Une police d'assurance cyber complète peut couvrir les frais liés au recours à des experts en informatique légale et à une assistance juridique, le paiement des amendes réglementaires ou des frais de notification des patients, la perte de revenus pendant les temps d'arrêt, ainsi que la restauration des systèmes endommagés. Bien qu'il s'agisse d'un filet de sécurité précieux, elle n'offre des prestations qu'après une attaque, et non avant.

David Monroe

4/17/20265 min temps de lecture

Pourquoi est-il important d’avoir une assurance cyber ?

À l’ère numérique actuelle, les cabinets dentaires s’appuient plus que jamais sur la technologie : la prise de rendez-vous, les radiographies numériques, les demandes de remboursement et les dossiers des patients dépendent tous de systèmes informatiques sécurisés. Compte tenu de ces risques, l’assurance cyber est devenue un élément essentiel pour protéger votre cabinet contre les conséquences financières d’un incident cybernétique tel qu’une attaque par ransomware, un vol de données ou une panne de système.

Une police d'assurance cyber complète peut couvrir les frais liés au recours à des experts en informatique légale et à une assistance juridique, le paiement des amendes réglementaires ou des frais de notification des patients, la perte de revenus pendant les temps d'arrêt, ainsi que la restauration des systèmes endommagés. Bien qu'il s'agisse d'un filet de sécurité précieux, elle n'offre des prestations qu'après une attaque, et non avant.

Les lacunes que l'assurance ne comble pas

L'assurance cyber ne prévient pas les attaques et ne garantit pas la couverture de toutes les pertes. Il est important de noter que la plupart des polices comportent des conditions et des limites. Si un assureur estime qu'une clinique ne remplit pas ces conditions, il peut refuser de verser une indemnité ou le coût de l'incident pourrait dépasser les limites de la police. Voici quelques exemples de lacunes en matière d'assurance :

  • Elle est inefficace pour faire face aux cybermenaces. L'assurance est une mesure réactive, et non préventive. Elle n'est pas conçue pour détecter les e-mails de phishing, empêcher les logiciels malveillants de pénétrer dans votre réseau ou former votre personnel à reconnaître les escroqueries.

  • Si les mesures de contrôle s'avèrent insuffisantes, la couverture peut être refusée. Le non-respect de certains protocoles de sécurité, tels que la mise en place de formations régulières de sensibilisation, l'utilisation de l'authentification multifactorielle (MFA) et la mise en œuvre de procédures régulières de sauvegarde des données, pourrait entraîner le refus de l'assureur d'honorer une demande d'indemnisation.

  • Il est important de noter qu'une bonne réputation et la confiance des patients ne sont pas garanties. Si les pertes financières peuvent être couvertes, les répercussions sur la réputation et la confiance des patients peuvent persister.

  • Les temps d'arrêt peuvent tout de même avoir un impact négatif significatif sur les opérations commerciales et le chiffre d'affaires. Si l'assurance peut couvrir la perte de revenus, elle ne peut pas résoudre des problèmes tels que les pannes de système ou la restauration de plusieurs années d'archives numériques.

Ce que les assureurs cyber attendent de vous

Pour bénéficier d'une couverture et conserver des primes compétitives, la plupart des assureurs exigent désormais la mise en place de contrôles de cybersécurité de base. En voici quelques exemples courants :

  • L'authentification multifactorielle, ou MFA, est une mesure de sécurité qui oblige les utilisateurs à saisir plusieurs facteurs d'authentification pour accéder à leurs comptes. Il s'agit d'une méthode de vérification supplémentaire qui vous permettra d'accéder aux systèmes de votre entreprise. Cette méthode est similaire à celle utilisée par les banques, dans laquelle un code est envoyé par SMS sur votre téléphone.

  • Sauvegardes de données : votre entreprise doit mettre en place des procédures de sauvegarde régulières, cryptées et testées. Ces sauvegardes sont stockées soit hors ligne, soit dans des environnements cloud sécurisés.

  • Protection des terminaux et filtrage des e-mails : il est impératif d'installer des outils de détection des menaces sur tous les ordinateurs et serveurs de l'entreprise.

  • Formation à la sensibilisation à la sécurité : cette mesure vise à atténuer le risque d'attaques par hameçonnage et d'erreurs humaines, qui constituent les vulnérabilités les plus couramment exploitées par les pirates informatiques.

  • Gestion des correctifs : il est essentiel de veiller à ce que les logiciels et les systèmes d'exploitation soient régulièrement mis à jour afin de corriger toute vulnérabilité connue.

  • Plan d'intervention en cas d'incident : il existe un processus clairement défini et éprouvé pour répondre à une attaque.

Mise en place d'un programme complet de cybersécurité

Pour garantir une protection complète, les cliniques dentaires doivent associer une cyberassurance à un programme proactif de cybersécurité, tout comme elles combinent une assurance responsabilité civile professionnelle avec des procédures cliniques adéquates.

  • Évaluation des risques : veuillez identifier vos systèmes critiques (dossiers médicaux électroniques, imagerie, facturation) et évaluer la manière dont les données sont stockées, consultées et partagées.

  • Formation des employés : veillez à ce que les membres du personnel soient formés pour identifier les tentatives d'hameçonnage et pour traiter les informations des patients de manière sécurisée.

  • Contrôle d'accès : il est impératif de limiter strictement l'accès au système aux personnes qui en ont besoin à des fins professionnelles. Il est impératif d'utiliser des identifiants uniques et des mots de passe robustes pour garantir une sécurité optimale.

  • Chiffrement des données : il est essentiel de garantir la confidentialité des données des patients et des données financières, tant lors de leur stockage que lors de leur transmission.

  • Veillez à ce que les sauvegardes soient sécurisées. Conservez des sauvegardes hors site afin de garantir la restauration rapide des données en cas de violation du système.

  • Exercices de réponse aux incidents Tout comme un plan d'évacuation d'urgence est essentiel, il est également crucial de s'entraîner à réagir en cas de cyberincident.

  • Gestion des fournisseurs : il est essentiel de s'assurer que vos logiciels de gestion de cabinet et d'imagerie, ainsi que vos fournisseurs de services cloud, respectent les normes de confidentialité et de cybersécurité.

Conclusion

L'assurance cyber est un outil essentiel de gestion des risques pour les cabinets dentaires, offrant une protection financière en cas de violation de données. Il est toutefois important de noter que cette approche ne garantit pas la protection des données de vos patients, ne préserve pas votre réputation et n'assure pas la continuité de votre activité en cas de cyberattaque.

Cette approche peut être comparée aux principes de contrôle des infections en dentisterie, où gants, masques, stérilisateurs et protocoles sont utilisés conjointement pour garantir la sécurité et prévenir la propagation des infections. L'assurance cyber est comparable à une assurance professionnelle, car elle offre une protection en cas de crise. Cependant, il est essentiel de respecter les principes fondamentaux de la gestion des risques pour prévenir les infections.

En intégrant la cyberassurance à un programme complet de cybersécurité, votre cabinet dentaire peut protéger les données de vos patients et préserver une réputation positive.